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Pierre Establet - Réflexions et projection

Du choc pétrolier au choc Covid : le Monde n’a rien appris !

15 Août 2020 , Rédigé par Pierre Establet

1973, choc pétrolier, que personne n’avait anticipé, alors même que la vie économique connaissait une mutation radicale entre le passage d’une économie agricole à une économie industrielle, fortement dépendante des énergies fossiles. La Mondialisation naissante, les choix de soutenir une macro-économie aux détriments des PME, privilégier Bull à la Micro-informatique, maintenir sous perfusion une sidérurgie sans avenir, à défaut d’une politique d’innovation robuste et portée par une ambition nationale.

 

Bilan : le chômage, après 30 années dites glorieuses, explose, les déficits arrivent, la dette s’accroit, la croissance stagne, et avec elle les revenus des ménages, la répartition des richesses est passée de 1 pour 10 à 1 pour 1 million. Dans le même temps, les déficits des organismes tampons s’accroissent. Le syndicalisme recule, la gestion paritaire issue du CNR, est captée par des technocrates, non fonctionnaires, et qui utilisent ces nouveaux pouvoirs pour de nouvelles ambitions. L’école publique perd des moyens, au profit de l’école privée, l’hôpital public est petit à petit rendu exsangue. Le secteur assuranciel se transfert petit à petit d’une responsabilité collective à une individualisation de la responsabilité. Les Transports ferrés intercités, régionaux, sont balayés à la vitesse du TGV. Les transports aériens non rentables, écologiquement dévastateurs, pas seulement par leur emprise du la production de CO2, mais principalement par la possibilité qu’ils offrent de mettre n’importe quel pays du monde à proximité de citoyens irresponsables. Les ateliers du Monde se déplacent à la vitesse des transports maritimes déresponsabilisés de leur impact social et écologique. 1973. Il y a 50 ans.

 

2008, choc bancaire. D’avoir vécu sur le dos des milliards de personnes pauvres, le système conçu par des algorithmes, s’effondre, mais, au final sans conséquence : étant donné que les décideurs publics ont fait leurs études avec ceux qui ont inventé ces algorithmes, des solutions sont trouvées. Certes, payées par ceux qui n’étaient pas dans ces écoles. Mais, en peu de temps, des milliards d’euros, de dollars, sont trouvés. Ouf. Enfin, ouf pour eux, mais pas pour les générations futures : l’endettement explose, les inégalités aussi. L’abandon de vastes secteurs publics au profit(s) du privé permet de soupapes de sécurités, et même, de vastes vases communicants : les routiers, les citoyens, payent pour des autoroutes déjà payés. Et le payent cher.

 

2020, choc Covid. Le concentré de 50 ans d’errements. Trop de mondialisation, trop de déforestation, trop d’intensivité, autant dans l’agriculture que dans la production de biens de de services. Une mondialisation sans contrôle. Une épidémie qui ravage la planète, humainement, socialement, économiquement, politiquement, culturellement. Des apprentis-sorciers se partagent l’espace politique. En Europe, aux USA, en Russie, au Brésil, en Chine, en Inde. Ils sont peu : quelques apparatchiks, quelques erreurs de castings. Mais ils sont là, eux. Les citoyens ? Des produits. Les institutions ? Des jouets. L’avenir ? Une partie de dés.

 

Les Gafa sont de plus en plus riches, en payant de moins en moins pour la redistribution collective. 

 

Depuis 50 ans, de baisses d’impôts internationales en diminution de cotisations sociales, ce sont les 2 % les plus riches qui ont capté presque 100 % des richesses mondiales.

 

Mais qui sauve la vie quotidienne ? Le secteur public, les infirmières, les internes, les externes, les cantonniers, femmes et hommes de ménages, les éboueurs, les sages-femmes, les médecins hospitaliers, les routiers, les caissières, les livreurs, les artisans, les commerçants, les agriculteurs maraichers, et éleveurs, les fonctionnaires municipaux, les profs, instituteurs, aide-soignants. Payés à peine au SMIC. Jusqu’au-dessus du seuil de pauvreté. Juste à peine. Tous ces derniers de cordées. On devrait souvent relire « Premier de Cordée » de Roger Frison-Roche et mesurer que bien souvent, la cordée est assurée par le dernier de cordée, pas par le premier.

 

Et pourtant, personne ne tire durablement de leçon de ce dernier choc : cesser d’investir dans l’économie destructrice, privilégier, sans concession, les circuits courts, accompagner les technologies nouvelles sobres, refaire de l’éducation des enfants la priorité d’un État, d’une Europe. Rebâtir conjointement un système de santé performant et accessible à tous. Combien des milliards d’euros vont aller à sauver des banques ? Des constructeurs d’avions ? De voitures ? Des marchands d’armes ? Et, que restera-t-il pour accompagner la transition écologique ? De quoi accepter que les champs de betteraves, engraissent les industriels, et dégraissent les sols et y introduisent des destructeurs de polinisateurs ?

 

Quid des technologies d’avenir ? Recyclage bas carbone, protection du patrimoine, construction 100 % bas carbone, réorganisation du système de santé vers la prévention ? Quid des circuits courts, d’une agriculture rentable, parce que transformée et vendue par son producteur ? Quid des « nouvelles ruralités » ? De l’Économie sociale et solidaire ? Questions posées par Jean-Claude Flammand, ex-Président de l’Inra, qui voyait le monde rural avec 30 ans d’avance sur nos décideurs.  Toutes les technologies existent en France, en Europe. Des milliers d’idées fusent, et des milliards sont disponibles pour les accompagner. Comme existait l’inventeur français du Micro-ordinateur et de la souris, malheureusement – Merci Giscard – sacrifié sur l’autel du Bull. 

 

C’est dans ces secteurs émergents, permettant à la fois de garantir l’autonomie des citoyens, la diminution de la production des gaz à effets de serre, le lien social, la lutte contre le communautarisme, contre les délinquances issues de la concentration de la pauvreté.

 

Il est temps, encore temps, de faire « le bon choix », pour une fois dans notre histoire récente, d’après-guerre, d’anticiper une crise majeure. Et, avec un peu d’opiniâtreté, la prochaine. Incertaine, cette fois, pour la survie entière de l’humanité. Si tant est qu’elle le mérite.

 

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